Rencontre avec Véronique Di Benedetto, le leadership au féminin

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Il nous arrive parfois de croiser de grands leaders. Des personnalités épatantes par leurs convictions, capables de les transformer en moteurs pour eux-mêmes et pour tous ceux qu’ils emmènent avec eux. Le vrai leader, selon moi, est à la fois un visionnaire et un mentor, qui ne dit pas “allez-y” mais “allons-y ensemble”.

Nous avons tous et toutes nos propres leaders qui nous inspirent, nos propres “rôles modèles”.  Personnellement, depuis le début de ma vie “deux amours”, je me rends compte que je cherche à m’inspirer de ceux et celles qui, au delà de la vision et de l’énergie, partagent aussi le même sens de l’équilibre.

Cette semaine j’ai l’immense honneur de vous partager l’interview “deux amours” d’un leader 2.0 au féminin. La rencontre a eu lieu lors d’une conférence organisée par Les Pionnières à l’Escp-Europe. Lors de l’introduction de la journée j’entends la marraine de l’évènement, Présidente de “Femmes du Numérique”, énoncer un discours à la fois puissant et profond, qui tient en 3 P: People, Planet, Profit, résumant selon elle les fondamentaux de l’entreprise. (Quand certains ne parlent que du dernier P!).

Conférence Les pionnières(Photo Les Pionnières)

Je googlise donc immédiatement son nom, Véronique Di Benedetto, et j’apprends en quelques clics qu’elle est Vice Président France de Econocom, une société spécialisée dans l’accompagnement digital des entreprises, qui pèse 1,7 Md € de chiffre d’affaires et rassemble 8 500 collaborateurs en Europe.

A cet instant, au fond de moi, je réalise que je n’en n’ai pas croisé tant que ça des femmes qui sont on top de la pyramide et qui parlent avec autant de bienveillance et de leadership de carrière au féminin. J’espère que cette interview, autour de ses choix professionnels et personnels, ses conseils et vraies bonnes idées vous inspireront autant que je l’ai été.

Photo portrait Véronique di Benedetto

(Véronique Di Benedetto at work)

Bonjour Véronique, je vous remercie d’avoir accepté de jouer le jeu de l’interview “deux amours”. Commençons par le début… Pouvez vous m’expliquer votre choix d’étude et votre premier job?

Je suis issue d’une famille multiculturelle, ma mère est allemande, mon père italien et j’ai passé une grande partie de mon enfance au Maroc. Ma mère ne travaillait pas et mon père étant Pharmacien, le monde de l’entreprise m’était totalement inconnu. Et c’est donc un peu paradoxalement que je me suis engagée dans une prépa HEC!

Après L’Escp j’ai été recrutée chez IBM. Ils avaient des formations excellentes pour les nouveaux intégrés. Je sentais que le secteur était en plein boom et que l’entreprise offrait de belles possibilités de carrière, notamment à l’international. Mon premier métier consistait à vendre des grands systèmes, j’étais Ingénieur commercial. Mais je me suis vite rendue compte que, malgré les challenges passionnants, cette structure était trop grosse pour moi, j’avais l’impression d’être un pion dans cette organisation.

Je décide alors de créer ma société avec un associé. Nous proposions de la vente et de la location de services. En 1993 nous étions 20 dans l’équipe, et nous avons décidé de vendre.

Puis votre fille est née. Est ce que cela a modifié vos envies professionnelles ?

Ma fille est née à 5 mois et 3 semaines de grossesse, elle pesait 900 grammes à la naissance. Il a fallu attendre 6 mois avant qu’elle ne puisse sortir de l’hôpital. En parallèle j’étais en plein dans la vente de ma boîte.

Pendant deux ans je n’avais qu’une envie c’était de m’occuper de ma fille, mais je sentais que je voulais rester active car j’avais une très forte envie d’indépendance financière. Envie d’être libre, de ne pas avoir à faire des choix par défaut. J’ai donc opté pour un statut de free-lance qui me permettait d’organiser mon temps comme je le souhaitais et de ne gagner des commissions que sur les affaires que je signais.

Comment êtes vous entrée à nouveau dans le monde de l’entreprise ?

J’ai repris un CDI quand ECS m’a proposé le poste de Directeur Commercial.

Puis quand mon fils est né en 1998, mon patron m’a proposé de prendre en plus un morceau de l’international. Ce dont je rêvais! Mon époux m’encourageait à fond. J’ai commencé par 3 pays puis au fur et à mesure j’ai géré de plus en plus de pays. Cette mission demandait un travail colossal et un engagement entier: pour chaque pays je devais tout découvrir, réorganiser, voire par moment vendre.

J’adorais ce que je faisais, les challenges étaient incroyables.

Comment vous vous êtes organisée pour gérer la vie de votre famille ?

Je suis convaincue que la clef c’est le partage réel des tâches au sein du couple pour la gestion du quotidien. Et bien sur : nounous et grands parents !

Pensez vous que les enfants souffrent des déplacements et de l’investissement professionnel de leurs parents?

Quand mes enfants étaient petits je travaillais beaucoup avec l’Allemagne, or les allemands ont une expression impitoyable pour désigner les mères qu’ils voient comme “abandonnant” leurs enfants au bénéfice d’une carrière: la mère corbeau. (ndlr pour les intellos: “Rabenmutter”). Pour une femme ça ne se faisait pas de laisser ses enfants pour aller travailler, tout simplement.

Je pense qu’il faut bien réfléchir à ce que vous voulez:  il n’y a pas de bon choix ou de mauvais choix. Mes enfants s’entendaient bien avec leurs grands parents, l’organisation roulait bien.

Mais j’ai lutté contre ce sentiment de culpabilité néfaste qui dit “il faut faire comme ci” ou “comme ça”. C’est un choix que j’ai fait moi, et de ce fait je ne le regrette pas.

Par contre j’avais fixé mes règles. Par exemple je refusais de sortir à un dîner si je n’avais pas vu mes enfants au moins une heure avant. Alors certes j’arrivais plus tard que les autres invités, mais au moins j’avais un moment avec mes enfants pour nous raconter nos histoires.

En résumé vous préconisez de faire abstraction de ce que les autres pensent de nos choix et de faire ce qui est le mieux selon nous…

Tout à fait, quitte à adapter ses décisions ou à changer d’avis à certains moments de vie. Personne ne peux faire ces choix à votre place.

Aujourd’hui mes enfants sont plus grands donc c’est plus facile en terme d’organisation, ils sont plus autonomes. Mais si j’ai un conseil à vous donner coté enfants c’est de toujours rester très vigilants, surtout si vous leur donnez plus de liberté du fait de votre rythme de travail ou de vos absences. Il y a quelques années quand mon fils avait 13 ans je ne me suis pas rendue compte de certains détails dans sa vie qui ont pris progressivement plus d’importance et qui ne lui faisaient pas du bien. Je suis tombée des nues quand la directrice de son école m’a convoquée! Mais cela nous a libéré, j’ai pu reprendre la main et tout va de nouveau bien.

Avec les enfants soyez attentifs aux signaux faibles, ne vous dites pas que cela ne peut pas vous arriver. Tout peut arriver.

Observez les moindres petits signes de changement dans leurs comportements, discutez-en avec eux, engagez des conversations, parlez en face à face. Même s’ils ont beaucoup de liberté, les enfants ont besoin de règles et de certains interdits.

Etant donné qu’Econocom accompagne les entreprises dans leur transformation digitale, pouvez vous nous partager votre vision sur la place du digital dans nos vies?

Le digital n’est pas qu’un outil, le digital est une révolution. Tout est à repenser. Par exemple si on regarde le monde du travail: le digital va avoir un impact énorme sur la manière de travailler de chacun. Dans 100 ans on dira peut-être que le CDI était proche de l’esclavagisme! Dans la forme de vie de demain on pourra être organisé en mode projet en fonction de ses compétences, mais pas forcément salarié. Nous travaillerons en hubs, avec des bouts d’entrepreneuriat, de salariat, de free lancing.

Cette révolution doit nous faire repenser le management, le commercial, et de nombreux métiers.

Vous êtes également investie auprès de Femmes du Numérique : en quoi cela consiste-t-il ?

Femmes du Numérique cherche à promouvoir toutes les actions possibles pour augmenter l’attractivité des métiers du numérique auprès des jeunes filles et ainsi augmenter les opportunités d’emplois, de carrières et/ou d’expertises pour elles. J’ai pris la présidence du Bureau et j’ai lancé plusieurs initiatives dont le Trophée Excellencia. (+ d’infos sur http://www.femmesdunumerique.com/)

Véronique, pour terminer comme le veut la coutume chez deux amours, quelles sont les vraies bonnes idées que vous voulez partager avec nous ?

3 Vraies bonnes idées pour les Kids : 

Culture : Partager avec eux la visite du Château de Chambord avec un Histopad, c’est absolument génial! Un voyage dans le temps grâce à la techno du XXI eme siècle. Rv sur Histovery et sur la page d’explications du Chateau de Chambord

(Le musée grevin est prévu pour octobre…)

Applis : Un site qui permet de trouver la meilleure application pour les enfants par âge par thème par langue par prix. Une excellente idée pour découvrir des nouveautés et définir les bonnes applis pour nos enfants. RV sur Souris-grise.fr

Coding : apprendre à coder à nos enfants c’est leur permettre d’apprendre à apprendre, les ouvrir sur l’avenir. Cette start-up propose des ateliers et des stages aux enfants pendant lesquels ils vont créer leurs propres jeux, notamment en utilisant Scratch, un langage de programmation ludique conçu pour les enfants. RV chez Magic Makers.

Vraie bonne Idée Coaching : 

Pour briser ces fameux « plafonds de verre » il faut tout simplement considérer qu’ils n’existent pas et se comporter tel quel! Un talent est toujours reconnu sur le long terme s’il fait preuve de détermination et de courage, s’il ose, s’il s’ouvre sur la nouveauté et le risque.

Quelques idées pour travailler son leadership :

  • Authenticité (ne pas copier les codes masculins à tout prix)
  • Détermination et courage,  savoir prendre de la hauteur et du recul tout en restant proche des équipes
  • Sortir de sa zone de confort et s’entourer de leaders qui vous poussent à avancer vite.

Si cette interview vous a plu, PARTAGEZ-LA avec vos amis 🙂

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