Rencontre avec Julie entre Métro, boulot, bébés et Jupe et Pantalon

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Je viens de terminer le premier roman de Julie Moulin, “Jupe et Pantalon”, qui est sorti jeudi dernier chez Alma Editeur. L’histoire d’une jeune femme qui nous ressemble entre son boulot, ses enfants, son couple. Une fable moderne qui traite d’un sujet quotidien mais écrite avec une plume très drôle et une grande sensibilité. J’ai eu envie de partir à la rencontre de son auteure pour découvrir ses inspirations, et entendre ses vraies bonnes idées bien sur!

Julie at work & Julie not at work 

Hello Julie, qui es tu?

Je suis une femme à la trentaine bien avancée, devant faire face à l’arrivée des rides et des premiers cheveux blancs. Et pourtant, une nouvelle vie commence avec la parution de mon premier roman, Jupe et Pantalon.

Quels sont les deux amours (ou plus) de ta vie?

Ma famille, la Russie, l’écriture.

Présente nous ta petite famille!

J’ai trois enfants: un garçon de 9 ans, une fille de 7 ans et une fille de 4 ans. Je vis avec leur papa.

Que veux-tu transmettre avant tout à tes enfants?

Le goût des autres et de l’instant présent. L’égalité des droits entre hommes et femmes.

Quelle vision as-tu de ton équilibre entre ta vie pro et ta vie perso?

Je crois que j’arrive à un certain équilibre, tout en étant consciente que ce qui représente un équilibre aujourd’hui ne le sera pas forcément dans quelques années; il me faudra alors de nouveau m’adapter.

J’ai du temps pour chacun de mes amours, sauf peut-être pour la Russie, mais plus les enfants grandissent et plus cet amour-là reprendra ses droits. Je suis confiante.

Je pense être parvenue à une bonne gestion de mon temps et de mes attentes, aidée en cela par mon conjoint qui subvient aux besoins de la famille.

J’ai aussi appris à moins culpabiliser…

Que fais-tu dans la vie?

Aujourd’hui, je me consacre à l’écriture. Je travaille sur un second roman. J’anime également des ateliers d’écriture pour enfants et pour adultes; mais ce n’est pas ce qui me fait “gagner” ma vie… quoique j’y ai beaucoup gagné en sérénité!

Comment es tu arrivée à cette activité ? Quel a été ton parcours et cheminement ?

J’ai eu un parcours classique de bonne élève, intégrant une bonne école parisienne, et ayant ensuite un bon boulot dans la finance. Un parcours tout tracé, en somme.

Ceci dit j’ai toujours eu envie de me démarquer. J’ai commencé à apprendre le russe au collège pour me distinguer des autres. L’amour que j’ai conçu pour cette langue a fini par guider tous mes choix professionnels. J’ai travaillé quelques années en banque d’investissement (dans le financement des producteurs de gaz et de pétrole russes) puis ai évolué dans la finance solidaire (le micro-crédit toujours dans des zones russophones). J’avais alors le souhait de donner plus de sens à mon activité professionnelle. Pourtant au bout de 9 ans dans la finance, j’ai tout balancé pour écrire.

Au fond, j’avais toujours eu envie d’écrire, mais je me sentais très petite face aux Grands Auteurs. Je n’osais pas. Une nuit, je me suis imaginée mes deux jambes en train de se disputer, l’une disant qu’elle voulait se casser et l’autre lui répondant que c’était chose tout à fait impossible; elles étaient coincées. De m’imaginer la fugue d’une de mes deux jambes m’a fait rire et de là est née l’idée de mon roman Jupe et Pantalon. J’ai commencé à l’écrire lors de pauses déjeuner dans un café à Genève.

Un an plus tard je démissionnais pour me consacrer à l’écriture-réécriture-recherche d’éditeur.

Quelles ont été tes plus grandes difficultés?

Le manque de confiance en moi fut certainement le plus grand obstacle au départ. Ce n’est encore pas tout à fait gagné de ce côté-là.

À l’instar de mon héroïne Agathe, j’ai aussi une fâcheuse tendance à culpabiliser pour tout. Lorsque je travaillais dans le micro-crédit et que je voyageais beaucoup, je culpabilisais de ne pas m’occuper assez de mes enfants (mes deux aînés étaient alors très petits). Lorsque j’ai démissionné pour écrire, j’ai culpabilisé de ne plus travailler au sens socialement acceptable du terme, c’est-à-dire en étant rémunérée et en participant à égalité aux besoins du foyer. Je culpabilise encore de passer une journée à ne rien faire quand l’idée n’est pas là ou tarde à venir. Et caetera. La culpabilité peut se décliner à l’infini.

Enfin, maintenant que j’écris, et surtout que j’écris de chez moi, je dois lutter contre la dispersion, la tendance à remettre à plus tard ou l’inclination à davantage prendre en charge des tâches familiales (comme les soins aux enfants malades et la cuisine…)

Et tes plus grandes réussites?

Ma plus grande réussite est d’avoir eu le courage de mes convictions et de mes envies. D’avoir dit non dans certaines situations professionnelles. D’être sortie d’une carrière toute tracée pour prendre le temps d’écrire. Malgré tous ces doutes que j’ai énumérés plus haut, j’aime me définir comme une personne engagée. Je suis ce qui me semble être juste de faire.

Je suis très heureuse par ailleurs d’être devenue indépendante. Malgré mes cheveux blancs, je suis une Y du tout début. J’ai besoin de sens.

Quel est le meilleur conseil pro qu’on t’ai donné?

Le meilleur conseil pro que l’on m’ait donné est inspiré d’une phrase célèbre de Henry Ford: “les obstacles sont ces choses que tu vois lorsque tu perds l’objectif de vue”.

Et celui que tu as appris par toi même?

Par expérience, j’ai appris qu’il ne servait à rien de trop attendre des autres. Mais c’est encore une question de confiance en soi.

Tu sors donc ton premier roman “Jupe et Pantalon », peux tu expliquer de quoi il s’agit ?

Une jeune femme, à force de courir dans tous les sens, perd pied. L’argument de départ  est assez simple mais l’originalité du récit tient dans le fait que cette histoire est racontée du point de vue des membres de son corps. On trouve ses deux jambes, mais aussi ses bras, son cerveau et sa paire de fesses. Ce corps discute et débat de l’évolution de la petite fille devenue femme et mère. Tiraillée entre sa vie professionnelle, sa vie de couple, et son rôle de mère, cette jeune femme ne se réduit plus qu’à une abréviation d’elle-même. Son corps va intervenir, décidé à la faire réagir.

Est ce que tu t’es inspirée de tes amies désespérées pour écrire le livre, ou bien de ton propre parcours?

Je crois que l’on puise en écrivant dans ce que l’on connaît. Sa vie, celle des autres est un matériau que l’on malaxe et refaçonne. Alors oui, je me suis inspirée de ce que j’ai vécu, de ce que j’ai entendu ou observé chez d’autres, de ce dont j’ai été témoin ici ou là; mais je l’ai ensuite distordu, réinventé, et ainsi est née une histoire différente; c’est devenu une fiction.

La mise en scène des membres du corps fut aussi une manière de faire entendre les différentes voix que chacun de nous a en soi, des voix souvent contradictoires. Il y a sans doute un petit peu de moi dans chacun des membres du corps d’Agathe.

Je me suis beaucoup identifié à la vie de ton héroïne, et du coup la première partie du roman m’a un peu dérangé car Agathe est dans une fuite en avant complètement folle entre sa carrière, ses enfants, son couple… Penses tu qu’il y ait des bonnes pratiques pour bien concilier toutes ces vies ?

Agathe ressemble sans doute à un grand nombre de jeunes mères, souhaitant combiner leur vie professionnelle et leur nouvelle vie familiale; et qui rencontrent des difficultés que leurs collègues masculins ou leur conjoint n’ont pas. Agathe souffre de cette double injonction de réussir professionnellement et d’être une “bonne mère” à la disposition de ses enfants, une injonction contradictoire qui la mène droit au mur. Par ailleurs, elle en fait d’elle-même plus que de besoin, ne s’arrêtant jamais, mue par une volonté de prouver qu’elle est nécessaire partout. On dit qu’il faut ralentir; ce n’est pas facile quand l’entourage professionnel ou familial ne jouent pas le jeu. Agathe s’y trouve contrainte par un corps devenu récalcitrant.

Je n’ai pas de leçon à donner; mon personnage Agathe a d’abord eu besoin de se retrouver en tant que personne, en tant que femme, pour ne plus être seulement une mère aux yeux de la société (autre injonction faite aux femmes: la maternité). Il lui a fallu redevenir une personne à part entière, égale aux autres, pour avancer sur de nouvelles bases.

Sortir du rôle de la femme parfaite, être juste une bonne personne, voilà une piste pour parvenir  à concilier nos différentes vies (sans devoir se départir ni de l’une ni de l’autre).

Quelles lectures nous conseilles-tu autour de ce sujet ?

Le conflit : la mère et la femme, de Elizabeth Badinter

Le plafond de Mère de Marlène Schiappa et Cédric Bruguière, que j’ai découvert très récemment. 

Je pense véritablement que ton roman est à mettre entre toutes les mains ! Celles qui ont trouvé leur équilibre le dégusteront comme une fable ludique des temps modernes, tandis que celles qui dégustent au quotidien le verront comme un manuel d’alerte anti burn-out! As tu prévu de le faire rembourser par la sécurité sociale ?

C’est très drôle cette idée de remboursement pas la sécurité sociale – bien dans l’esprit de mon roman!

Julie comme le veut la tradition de l’interview “deux amours”, partages-nous tes « vraies bonnes idées » (VBI pour les intimes), c’est à dire tes idées simples, utiles ou fun pour mieux jongler entre toutes nos vies?

VBI 1: MEDITER

Méditer: ce n’est pas faire le vide, mais juste observer l’état de ses pensées; dans quel état est-on? Il suffit d’y consacrer 20 minutes par jour pour remettre les choses en perspective, calmer son activité cérébrale et son envie de “faire”.

VBI 1 testée enfermée dans les toilettes d’un bureau ou à la maison, assise sur le couvercle des WCs. J’ai voulu faire un selfie mais ce ne serait pas dans l’esprit…

VBI 2: LIRE DES ROMANS

Lire: se plonger dans la vie des autres, les connaître intimement, se décentrer, s’identifier; vivre la vie de quelqu’un d’autre fait beaucoup de bien.

VBI 2 testée dans les transports en commun, le midi dans un café, juste avant de s’endormir, 5 minutes suffises pour ne pas couler.

VBI 3: FAIRE LA MAMAN FOFOLLE

Sauter partout dans la cuisine, danser n’importe comment en chantant “she’s my baby” et baiser le front de ses enfants après une journée chargée; décharger et s’amuser; faire des parties de guilis puis déléguer le coucher des enfants surexcités ou s’en mordre les doigts (mais ce n’est pas bien grave).

VBI 3  testée au moins une fois par semaine.

VBI 4: MARCHER

C’est la VBI d’Agathe, à laquelle j’adhère totalement. Marcher sans but, juste pour sentir sa présence sur terre. On peut le faire au moment de la pause déjeuner, le dimanche en fin d’après-midi, en allant ou en rentrant du travail…

VBI d’Agathe testée au moins deux fois par semaine. Mais si elle marche en ville, moi je préfère la montagne.

Le mot de la fin, by Julie 

« La liberté de ne pas être mère étant acquise, reste à conquérir la liberté d’être mère, sans se perdre. »

Yvonne Knibiehler (citation citée par le collectif Les filles de Simone dans leur pièce “C’est (un peu) compliqué d’être l’origine du monde”)

Keep in touch

Vous trouverez « Jupe et Pantalon » chez Decitre.fr 

Suivez les aventures de Julie sur sa page Facebook  et sur twitter: @JuliMoulin

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Parce que j’ai été très touchée par le roman de Julie, je vous propose un petit jeu pour le gagner avec d’autres surprises. Rendez-vous sur facebook ou Instagram pour en savoir plus!

N’hésitez pas à partager vos réactions et autres vraies bonnes idées en commentaires ci dessous, ce blog est fait pour ça !

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